Minerai noir
Quand la sueur de l\'Indien se trouva brusquement tarie par le soleil
Quand la frénésie de l\'or draina au marché la dernière goutte de sang indien
De sorte qu\'il ne resta plus un seul Indien aux alentours des mines d\'or
On se tourna vers le fleuve musculaire de l\'Afrique
Pour assurer la relève du désespoir
Alors commença la ruée vers l\'inépuisable
Trésorerie de la chair noire
Alors commença la bousculade échevelée
Ode
Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce,
Ton glissement nocturne à travers l’Europe illuminée,
Ô train de luxe ! et l’angoissante musique
Qui bruit le long de tes couloirs de cuir doré,
Tandis que derrière les portes laquées, aux loquets de cuivre lourd,
Dorment les millionnaires.
Je parcours en chantonnant tes couloirs
Et je suis ta course vers Vienne et Budapesth,
Haïti à la dérive
À Jean Métellus
Voici mon pays garni de dents et de pointes
pays barbelé de pied en cap, monde noir
de la rage et du rire amer des Haïtiens.
Haïti sans dimanche au bout de ses peines,
le grand malheur à dompter, volcan endormi
sans réveil prévu à l’horloge de ses cendres !
Maurice Maeterlinck
n. 1862Serre chaude
Ô serre au milieu des forêts !
Et vos portes à jamais closes !
Et tout ce qu’il y a sous votre coupole !
Et sous mon âme en vos analogies !
Les pensées d’une princesse qui a faim,
L’ennui d’un matelot dans le désert,
Une musique de cuivre aux fenêtres des incurables.